Monsieur le Président Hollande,
Il n’est plus de doute possible, même si je ne suis pas dans
les secrets des dieux, la France va mal.
Loin de vouloir m’immiscer en politique, je ne m’adresse à
vous qu’en simple citoyen. Pourtant, mon courrier, je l’espère, comptera dans
vos tablettes parmi ceux les plus importants de votre quinquennat.
Effectivement, s’il n’est pas compliqué de comprendre que
seules deux alternatives raisonnables existent pour réduire l’endettement
français (l’augmentation des impôts et taxes et la réduction des dépenses), vos
choix me paraissent surprenants et je tiens particulièrement à vous faire
connaitre une première piste que semble-t-il, ni vous ni vos prédécesseurs
n’ont eu la présence d’esprit de mettre en œuvre.
Sans doute me trompe-je, car je ne suis ni énarque ni
introduit par quelque connaissance, mais peut-être également suis-je dans le
vrai, aussi, je m’en voudrais de ne vous avoir point alerté sur ce qui me saute
aux yeux tant les enjeux sont importants.
Cette piste porte sur l’Assemblée Nationale, dont vous fûtes
membre. Celle-ci compte 577 députés dont bon nombre s’exonèrent très
régulièrement de leur présence dans l’hémicycle et dont les autres mériteraient
d’être collés le samedi matin s’ils étaient en classe de sixième tant leur
comportement irrespectueux génère une cacophonie indescriptible et indigne des
institutions de la cinquième République.
Remettons les choses à leur place. Le rôle d’un député, me
semble-t-il est de proposer des lois et de les voter.
Il se trouve que ceux, parmi eux, que j’ai pu croiser, sont
en campagne perpétuelle et consacrent bien plus de temps à serrer des mains,
participer à des cocktails, visiter des associations (…), qu’à se consacrer au
travail qui leur est demandé.
Aux Etats-Unis, leurs homologues ne sont que 435, ce qui
représente en moyenne un représentant pour 710000 habitants lorsque dans le
même temps nous rémunérons un député pour 109000 habitants.
Si d’aventure nous appliquions ce ratio à notre Nation, nous
n’aurions que 88 députés ce qui est bien entendu trop peu pour refléter
l’opinion nationale, compte tenu du nombre de nos départements.
Inversement, si les Etats-Unis appliquaient notre proportion
de députés, ils en auraient 1715, ce qui ne favoriserait pas une concertation
saine et rapide !
Le coût de notre Assemblée Nationale est donc, au bas mot,
tout simplement sept fois plus important par habitant.
Comme en toute chose, la vérité et la sagesse se trouvent
sans doute à mi-chemin des pratiques de ces deux grandes nations, je vous
suggère tout simplement qu’un seul député, désormais, soit élu dans chaque
département (plus quelques-uns qui pourraient représenter, par exemple nos
ressortissants à l’étranger).
Bien entendu, la manne financière inespérée que représente
un député pour son propre parti est une donnée importante et il conviendrait de
compenser partiellement cela afin d’éviter les dérives que nous avons connues
par le passé (mais je vous sens gourmand en dépenses, aussi, j’insiste quelque
peu sur ce terme de « partiellement »).
Dois-je rajouter à mon propos la honte que j’ai d’être
français lorsque je constate la cour d’école aux élèves souvent sujets à
l’absentéisme, que constitue cette
assemblée bien dissipée.
Le Sénat, bien qu’il soit composé de membres plus sereins,
mériterait également une cure d’amaigrissement puisque nous avons en France 348
Sénateurs tandis que nos voisins d’outre-Atlantique n’en disposent que de 88 !
En rédigeant ces lignes, j’oublie un instant ce qui jette le
discrédit sur la caste de nos politiciens depuis tant et tant d’années et je
pense donc que mes propositions resteront sans effet. Effectivement, chacun se
fait tant « d’amis » dans ses campagnes qu’il convient de trouver suffisamment
de postes bien payés pour les contenter tous, …
C’est de bonne guerre mais cela coûte cher ! Je rédige
actuellement 100 mesures de ce type pour enrayer l’extra-présence de nos
administrations et de nos politiques, mais je crains qu’elles ne restent vaines
tant que l’honnêteté du service de la France ne primera sur les ambitions
personnelles… (vous les trouverez toutefois prochainement sur ce blog).
Quoiqu’il en soit, je les rédige… Au moins aurais-je eu ma
bonne conscience lorsque, contraint par le pressoir de vos mesures
appauvrissantes, je n’aurai d’autre choix que celui de visiter d’autres
contrées.
Serez-vous courageux ? Je le souhaite pour notre France
désormais de plus en plus malade.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président Hollande,
l’expression de mes salutations distinguées.
Signé : Le porteur de vérités

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire